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Dream Theater et Lorànt Deutsch sortent un livre sur les lieux les plus barbants du monde

Vous aimez les solos de basse interminables, l’Histoire approximative et les promenades dans des lieux parfaitement banals ? Ne cherchez plus, le nouveau livre écrit par Dream Theater et Lorànt Deutsch est fait pour vous.

Quand deux maîtres de l’art de l’ennui total se rencontrent, les conséquences sont à la hauteur. C’est-à-dire insupportables. C’est ce qu’ont pu constater récemment les fans du groupe de metal progressif Dream Theater.

A l’occasion de la cérémonie de signature de son dernier livre Métronome 3 : Ces stations de TER que vous ne connaissez vraiment pas du tout à la FNAC de Marmande, le groupe a demandé à rencontrer Lorànt Deutsch. John Petrucci, guitariste du groupe et fan des écrits de l’acteur franco-hongrois, a habilement proposé une collaboration à Deutsch.

“J’adore ce que vous faites”, a-t-il hurlé alors qu’il faisait la queue derrière une vingtaine de fans avides de dédicaces, désirant eux aussi leur part du Deutsch. L’acteur français, flatté qu’un compère ennuyeux reconnaisse son talent, a alors répondu : “Au diable les on-dit et autres baguenauderies. Une telle….” et une longue suite de mots tous plus chiants les uns que les autres que notre reporter sur place n’a pu rapporter, faute à l’irritation engendrée par la voix de l’acteur. Tout juste a-t-il compris que c’est à ce moment précis que ces deux mastodontes du rasoir ont décidé de s’associer.

Un mois plus tard, le groupe et l’auteur ont enfin abouti ce projet. Toute la communauté des fans des trucs les plus relou du monde l’ont appris grâce à un tweet en guise de teasing de la part de Jordan Ruddess, claviériste du groupe depuis 1999 :

“What up le peuple ? Vous voulez découvrir des endroits barbants comme ceux que l’on décrit dans nos chansons ? Suivez mon regard”

Une déclaration aussi agaçante qu’ennuyeuse. Il a d’ailleurs été très difficile pour la rédaction de Satyr News de suivre cette affaire jusqu’au bout tant les protagonistes et les événements sont assommants. Eudes-Moundir, 19 ans, stagiaire à la rédaction de Satyr News, a d’ailleurs développé son premier ulcère à l’estomac dû à un stress énorme face à l’ennui total provoqué par la rédaction de cet article (un ulcère néanmoins gentiment dédicacé par John Myung, bassiste de Dream Theater).

20 pages sur les champs de maïs de Vaduz

C’est donc peu de temps après que sort en librairie Deutsch Theater : Des endroits et des lieux et des données géographiques, pavé de 120 000 pages parfois écrites en plusieurs langues pour “prouver l’ouverture d’esprit et démontrer la maîtrise”, nous dira leur attachée de presse, sans qu’on comprenne bien ce qu’elle a voulu dire par là.

Les fans de l’historien le plus chiant comme du groupe de metal le plus chiant vont retrouver tout ce qu’ils aiment chez leurs idoles : le livre est dédié aux endroits connus sur Terre comme les plus fastidieux, les plus lassants et surtout les plus chiants. Il est écrit dans un style pompeux afin de donner une idée de grandeur totalement artificielle. Satyr News vous en dévoile les bonnes feuilles.

Au programme, une vingtaine de pages sur les champs de maïs de Vaduz, Liechtenstein — que des faits, aucune anecdote. Dix pages sans images décrivant les commodités disponibles à l’aéroport de Karakol, au Kirghizistan…

Mais aussi du vécu, car plusieurs parties du livre couvrent des événements expérimentés par les auteurs : Lorànt Deutsch se remémore ce “road trip sauvage de 44 kilomètres sur l’A28 entre Rouen et Alençon”. Extraits : “Deux Citroën nous ont dépassés par la voie de droite, on a directement voulu prévenir la police, sauf qu’on a appelé le SAMU sans faire exprès, zut !”, ou encore “Quand j’ai constaté qu’il y avait un Boeuf Jardinier à 5 kilomètres devant nous, j’ai complètement vrillé : quelle formule déjeuner allais-je choisir ? Me ferai-je reconnaître par les employés si je prenais de la macédoine en entrée ? Qu’importe, j’allais entrer dans un lieu ô combien culte”.

Il conclut le livre par son “meilleur souvenir à l’étranger” : “Je me trouvais à Ottawa avec Francis Huster, on s’ennuyait un peu alors on a décidé d’aller mettre un peu de piment dans notre voyage. Nous avons alors décidé de visiter la maison de la personne dont les revenus correspondaient exactement à la moyenne de ceux de la ville. C’était une maison de 84 mètres carrés avec une salle de bain. Dans le salon il y avait des peintures qui ressemblaient à celles que Francis faisait chez lui. Il s’est un peu énervé mais il a compris que c’était lui qui avait repeint ces œuvres originales. C’était génial, après on est allé au Rideau View Golf Club. On y a fait du golf avec des hommes riches de 45 ans…”, le récit continuant sur trois pages, je vous laisse découvrir la suite dans le livre.

“On s’y sent comme sur l’une de mes lignes de basse”

Coté Dream Theater, on a le droit à cinq fois plus d’expérience géographiques — car il y a cinq membres. Le groupe tournant depuis presque trente ans, cela leur a permis de découvrir les quatre coins de la Terre, pour le meilleur et pour le pire. Le guitariste John Petrucci se vante ça et là, “mon meilleur souvenir, c’est moi en train de faire du jet-ski à Vesoul… Sur la rivière Colombine !!”, mais 450 pages plus loin il se reprend : 

“Mon endroit préféré est sûrement le musée de la céramique à La Louvière en Wallonie.” Même s’il pense “que la gare de bus de Chisinau, Moldavie, restera à jamais gravé dans mémoire, ce pigeon s’approchant de moi en roucoulant, j’ai tout de suite eu le concept de notre album Octavarium, les boules sur la pochette représentent d’ailleurs celles de deux nudistes moldaves qui se battaient devant moi. Si il y a un moment qui restera gravé dans ma mémoire, c’est bien sûr celui-ci.”.

James LaBrie, le chanteur, donnerait tout pour “vivre au sanctuaire de Knock en Irlande, la Vierge et le Christ y sont apparus, je me devais d’y apparaître aussi et j’ai A-DO-RÉ. J’y vais chaque année à pied depuis Boston, sans manger, juste en écoutant les partie de synthés de Jordan, le tout sur une barque fabriquée avec les anciens kits de batterie de Mike Portnoy. La paix et la sérénité que je trouve là bas me rappellent mes vocalises. Et tout le monde aime mes vocalises. Dites-le à voix haute en lisant ses lignes. J’aime ses vocalises. Encore une fois. J’aime ses vocalises”.

On apprend aussi dans cet ouvrage que John Myung, bassiste aussi virtuose qu’assommant de Dream Theater, a un rêve secret : il espère un jour revoir la boutique de kilts de Temeranceville, Delaware. “On s’y sent comme sur l’une de mes ligne de basse : chamboulé et bouleversé. Il y a à cet endroit un savoir-faire jamais égalé ailleurs dans toute l’immensité de l’Etat du Delaware… Lorsque l’on est touché par la grâce comme ce commerce, il est difficile de rester humble. Une telle pureté…”.

Nigloland

Malgré toutes ces anecdotes toutes plus fadasses les unes que les autres, Deutsch Theater : Des endroits et des lieux et des données géographiques ne pourrait pas prétendre au statut de Bible de l’Ennui si les membres de Dream Theater et Lorànt Deutsch n’avaient pas partagé la conquête d’un de ces sommets du barbant. C’est le cas avec “Nigloland”, le dernier chapitre du livre, un endroit qui fait l’unanimité parmi les auteurs :

“C’est à la fois un lieu de recueillement, d’amusement, de valeurs et d’une profondeur sans égale”, cause toujours John Petrucci, qui nous apprend également que l’ensemble du bouquin a été rédigé là-bas. Comme souvent, le groupe a loué le parc d’attraction de Dolancourt : “comme pour chacun de nos albums, c’est là où nous trouvons nos inspirations sur la philosophie, les lois de la gravité, la religion et les pochettes hideuses.”

Comme prévu, Deutsch n’y avait jamais mis un pied avant l’écriture du livre. “Une expérience bouleversante”, décrit-il. “Comme si c’était tout ce qu’il me fallait, que la vie m’avait amené là-bas exprès, m’avait fait rencontrer Dream Theater pour écrire ce livre et aller dans cet Eldorado de grandeur et de beauté qu’est Nigloland.”

Les pages de cet ultime chapitre décrivent chaque attraction minutieusement, en étudiant longuement leur fonctionnement, les symboles représentés, ainsi qu’une allégorie en guise de fil rouge qui compare Nigloland au mythe d’Abel et Caïn, vu par le filtre croustillant de la communauté Amish de la Nièvre. Pour couronner le tout et offrir une expérience “totale”, un CD est disponible à l’achat sur le parc. C’est un album concept de Dream Theater sur les promenades, avec Lorànt Deutsch en featuring. Rassurez-vous, sa voix chantée est aussi énervante que parlée. Au programme, des titres tels que le reggae prog “La Course de Bobsleigh”, “Schlitt’ Express” qui navigue entre polka et power metal ou encore l’instrumentale de 53 minutes “Alpina Blitz” et ses 10 soli de 10 batteries. Sauvage.

Vous trouverez ce livre chez tous les mauvais libraires pour la modique somme de 55 euros. Pour tout achat, 1 euro est reversé à la fondation “Pour un Monde Proggy”, afin d’offrir aux batteurs de rock et de metal progressif une vingtaine de toms, rototoms, pads numériques, ainsi qu’une troisième grosse caisse, des éléments que tout batteur de musique prog se doit de posséder sur son kit. Si vous êtes barbant, la rédaction de Satyr News ne saurait que vous conseiller ce livre, qui vous tiendra éloigné de tout être humain tout le long de ses 12 000 pages. En attendant, “Stay Deutsch”, comme disent désormais les membres de Dream Theater.

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