La justice réhabilite enfin le controversé “The Sound Of Perseverance” de Death

C’est avec une émotion non contenue que plus de 20 ans après sa sortie, le tribunal de Paris réhabilite The Sound Of Perseverance, dernier album de Death sorti en 1998. Retour sur un disque injustement traîné dans la boue des années durant.

Le pardon, enfin. Aux pieds des marches du Palais de Justice de Paris, l’émotion est palpable. La famille de Chuck Schuldiner, ses amis intimes ainsi que ses compagnons d’infortune dans sa croisade pour le death metal et les guitares en forme de morgenstern sont tous réunis. Après des années de combat désespéré, la justice leur a enfin donné raison et réhabilité The Sound Of Perseverance, septième et dernier album de Death, sorti trois petites années avant la mort de son leader M. Schuldiner, emporté par un cancer du riff. Sur les joues des personnes présentes, des torrents de larmes que même une armée de 1 000 Phil Anselmo sous amphétamines ne saurait arrêter, preuve que le combat les a éprouvés. Mais après deux décennies de lutte, ils craquent enfin.

Deux rescapés de cette époque controversée sont présents : Richard Christy, l’homme qui remplaça Gene Hoglan au poste de batteur, Shannon Hamm, second Laguiole de Chuck à la guitare lors de l’enregistrement du son de la persévérance. M. Christy, la voix tremblante sous l’émotion, déclare à Satyr News : “C’est un grand jour pour le death metal. Après ce disque, Chuck a été pointé du doigt injustement, on l’accusait d’avoir été sous influence de Dream Theater, de jouer au Jenga avec Mike Portnoy, d’échanger ses recettes de baume pour la peau avec Steve Vai et d’avoir trahi l’esprit originel de Death.”

Le temps d’étouffer un sanglot et de se moucher dans un t-shirt Spiritual Healing, il reprend de plus belle : “MENSONGES ! Chuck a révolutionné le death metal, l’a rendu aussi complexe qu’un album d’Emerson Lake & Palmer, aussi beau qu’un disque de John Coltrane et aussi puissant qu’un tube de Kiss.”

Hamm, le visage ravagé par la tristesse et la crème anti-oxydante Barbara Gould, déclare quant à lui : “Chuck en est devenu malade, au point de ne plus pouvoir écrire le moindre riff potable. Il suffit d’écouter l’album de Control Denied pour s’en rendre compte. Quelque part, là-haut, je pense qu’il est heureux”, rajoute Shannon Hamm en regardant mystérieusement vers les nuages.

La réhabilitation de ce chant du cygne de la BC Rich est donc une victoire aux airs de rédemption pour le clan Schuldiner et la mémoire de l’orfèvre du death floridien. Mais la longue traversée du désert qu’ont subi les membres du groupe après cet opus honni a laissé des stigmates à tout jamais :

“Même si aujourd’hui on a gagné, je ne peux pas m’empêcher de penser à tout ce gâchis. Il y a des choses qui vous marquent à vie. Je n’ai plus jamais touché une guitare après ça.”

Edouard Philippe à la rescousse

Mais l’homme-clé derrière ce combat, qui a monté l’intégralité du dossier pour la réhabilitation de cet album pestiféré n’est autre qu’Edouard Philippe, ancien maire du Havre et actuel premier ministre. Il a longtemps soutenu le death metal américain par le biais de son association locale “Sk’Havre’n’ger of Human Sorrow”, aboutissant à un jumelage avec Tampa à la fin des années 1990, des échanges internationaux et des stages de troisième au légendaire studio Morrisound.

Collectionneur de marcels noirs et de démos K7 de Death, le haut fonctionnaire lutte depuis “belle lurette” pour la réhabilitation de ce disque mal-aimé. Il se rappelle :

“On était des hardos, des vrais, avec des blousons de faux cuir et des cheveux longs mais pas trop, on zonait en buvant du cidre sur les docks en écoutant Trust. Puis un jour, un copain a ramené la k7 de Scream Bloody Gore. Ma vie a changé pour toujours : en écoutant Leprosy, j’ai tout de suite su que je devais adhérer au RPR – d’ailleurs, c’est devant un concert de Morbid Angel au Homard Bleu d’Etretat que j’ai eu envie de devenir un personnage public. Donc oui, ma carrière en politique, c’est au death metal que je la dois.”

Il faut savoir qu’Edouard Philippe a alors soutenu une motion pour que le titre de Death “A Moment Of Clarity” soit l’hymne de l’UMP en 2006. Dommage, Philippe Douste-Blazy s’y opposera fermement, dénonçant une course à l’échalote dans le tournant radical pris par la droite gaulliste à ce moment-là. Nicolas Sarkozy tranchera finalement en faveur de “When You Sleep” de My Bloody Valentine, comme tout le monde le sait.

“Virtuosité et Floyd Rose ne sont pas des insultes”

“Je ne peux pas vous dire à quel point je suis heureux en ce 20ème anniversaire de la réhabilitation et du pardon accordés à The Sound Of Perseverance. C’est l’accomplissement de tant d’années de travail.” Radieux, Edouard Philippe sourit et embrasse chaleureusement les salariés de l’usine BC Rich de Pont-L’Évêque. “Ce qui vient de se passer aujourd’hui, c’est la justice”, abonde Dédé, ouvrier qualifié-syndicaliste SUD sur la chaîne de fabrication Warlock depuis 28 ans : “Virtuosité et Floyd Rose ne sont pas des insultes ! Nous allons pouvoir relancer la production et le monde entier tremblera devant nos guitares si racées, je vous le garantis !”

L’émotion nous saisit à notre tour. Avant de nous rendre à un dernier hommage devant l’Hôtel des Invalides où Steve Di Giorgio nous régalera d’un concert de basse fretless de plus de 15 heures sur les thèmes de l’égoïsme et de l’ubiquité, qui résonneront dans le cœur des parties civiles comme le son de la persévérance. Nous dédions cet article à la mémoire de Chuck Schuldiner.

Robb Flegme, correspondant à Paris, est sur Twitter

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